En 1566, la reine de Navarre, Jeanne d’Albret, figure influente de la noblesse huguenote, accueille à sa cour Jean Morély, accusé d’hérésie par le consistoire de Genève. Critiquant la discipline imposée par Calvin aux Églises, il prône une organisation plus démocratique qui accorde une place centrale à une participation active des fidèles. En lui offrant une tribune pour diffuser ses idées, Jeanne d’Albret prend le risque de créer une fissure dangereuse au sein de la Réforme francophone. Pourquoi cette souveraine fidèle depuis toujours à Genève, fait-elle confiance à un homme aux opinions si peu orthodoxes ?
Nicolas Thiry (1999) a achevé un master ès lettres à l’Université de Genève. Il s’est spécialisé dans l’étude de la première phase des guerres de Religion, et plus particulièrement le contexte béarnais et navarrais du XVIe siècle. Enseignant dans le secondaire, il est guide et médiateur culturel à l’Espace Saint-Pierre (site archéologique, cathédrale et tours), ainsi que pour les musées de la ville de Nyon.