L’exposition Lignes de pensée réunit Jean-Michel Comte, Agnès Bourély et Ambroise Bellec, trois artistes contemporains pour qui le dessin n’est ni préparatoire ni illustratif. Il constitue un langage autonome et un espace de construction mentale; un territoire de recherche où le geste organise la pensée et où l’abstraction se construit dans le temps.
Le travail de Jean-Michel Comte se déploie au stylo noir, dans une écriture graphique précise et continue. Le trait, net et affirmé, s’inscrit dans une rigueur presque obsessionnelle. Par l’accumulation et la répétition du geste, le dessin développe une densité visuelle qui évoque des structures mentales construites ligne après ligne, dans une relation étroite entre contrôle et persistance.
À l’inverse, le travail d’Ambroise Bellec s’élabore au graphite, matière plus instable et plus sensible. Le dessin prend forme par strates successives. Le trait se répète, s’épaissit, se superpose jusqu’à générer une structure presque organique. Cette construction progressive rend visible le temps du dessin et fait émerger des formes issues d’un dialogue constant entre intuition et analyse, où la répétition devient un outil de tension psychologique.
Agnès Bourély, quant à elle, introduit la couleur comme une énergie active. Ses œuvres déplacent le regard et complexifient l’abstraction par des vibrations chromatiques et des superpositions sensibles. La couleur ne s’oppose pas à la rigueur du dessin. Elle en élargit le champ et ouvre de nouvelles lignes de lecture.
Lignes de pensée se construit ainsi comme un dialogue entre différentes écritures du dessin, rigoureuses, accumulatives ou chromatiques, révélant le dessin comme un espace de projection mentale où chaque ligne devient la trace d’un processus intérieur.