«Papa, est-ce que maman reviendra avec le printemps, comme le font les fleurs?»
Francesco Pennacchio avait trois ans lorsqu’il posa cette question, le printemps suivant la disparition de sa maman Emmanuela. Cette anecdote d’enfance, à la fois douce et tragique, est l’étincelle qui pousse Pennacchio à entreprendre un long voyage.
Il commence par mettre en dialogue l’exploration des archives photographiques familiales avec les cycles ininterrompus du monde naturel, puis il retrace les pas de sa mère dans les lieux qu’elle a visités en Europe, posant dans les mêmes endroits et superposant les photographies d’archives avec la nouvelle production afin de reconstruire des souvenirs partagés et de créer un point de rencontre anachronique entre lui et sa mère. Le voyage se termine dans l’herbier du Jardin Botanique de Genève, où les espèces collectées ont été extraites de leur cycle de renouvellement et deviennent des documents et des archives de la biodiversité.
C’est de ce voyage, retracé dans le livre photo "Unlike Flowers" que va parler Francesco Pennacchio avec des scientifiques du Jardin Botanique de Genève. Deux points de vue apparemment très éloignés, celui de la vie familiale et celui de la science, mais qui peuvent raconter la valeur des archives et de la mémoire comme méthode de connaissance, d’élaboration du deuil et de savoir scientifique.