The sacred, without world Performance. The sacred, without world est une performance de Vir Andres Hera avec Jona Bruixet et Maya Zaton. La performance prend comme départ le poème Zong !, de l’écrivaine Marlene NourbeSe Philip, dans lequel l’autrice propose d’accéder à d’autres mondes avec une méthodologie poétique de chaos sémantique. Elle part du principe que les personnes jetées pardessus bord dans les bateaux négriers, bien qu’enterrées dans l'océan, vivent encore audelà la mort. Dans The sacred, without world, Vir, Jona et Maya s’emparent de la méthode de M. NourbeSe Philip pour proposer un récit collectif avec des temporalités multiples où il est question de carnaval, de sons qui rappellent l’océan, de ballrooms, de sismographes, de cloches, de loopeurs et de voix. Cette performance est une tentative de faire parler les mort·e·s, de parler avec elleeux, de remembrer les corps démembrés, de mutiler à leur tour les documents historiques produits pour exercer de la violence à l’encontre des personnes racialisées et colonisées, pour reprendre les mots de Philip : « J'assassine le texte, je le coupe littéralement en morceaux, je castre les verbes, j'étouffe les adjectifs, j'assassine les noms, je jette pardessus bord les articles, les prépositions, les conjonctions, je jette pardessus bord les adverbes : Je sépare le sujet du verbe, le verbe de l'objet je crée un chaos sémantique, jusqu'à ce que mes mains ensanglantées par tant de meurtres et de coupures atteignent les entrailles puantes, et comme un·e chaman·e, une sangoma, une sagefemme ou un prophète qui, ayant sacrifié un animal pour des signes et des présages d'une nouvelle vie, raconte l'histoire nondite qui se raconte ellemême en ne se racontant pas. »
Dans le cadre de la résidence au MAH [IT'S ABOUT TIME](https://www.mahmah.ch/curateurenresidence20242025) de Thomas Conchou
Musée d'art et d'histoire