En juin 2024, la Fondation auxiliaire du Conservatoire botanique de la Ville de Genève a remporté aux enchères à Paris un herbier confectionné par Jean-Jacques Rousseau (1712-1778) dans les années 1770 pour l’imprimeur-libraire éclairé Charles-Joseph Panckoucke. Il constitue l’un des rares herbiers encore existants, que Rousseau a réalisés à l’intention des amateurs et amatrices de botanique au cours des dix dernières de sa vie pour populariser l’étude sur le monde végétal. Ce fut un grand soulagement dans le monde scientifique de voir cet herbier, issu d’une collection privée, atterrir en mains publiques.
Si le Jardin Botanique de Genève a pu acquérir aux enchères un herbier de Jean-Jacques Rousseau exceptionnel, ce n’est souvent pas le cas pour de nombreuses autres pièces à caractère scientifique. Les objets d’histoire naturelle et autographes de savants ou personnalités célèbres cartonnent aujourd’hui aux enchères. Ces pièces deviennent souvent inaccessibles en raison de leur prix aux institutions muséales et scientifiques et se retrouvent en mains privées, échappant ainsi à l’examen des scientifiques travaillant pour ces institutions. Cela soulève la question des bonnes pratiques et si celles-ci répondent aux besoins scientifiques et sociaux actuels. Comment concilier les intérêts des collectionneurs et collectionneuses et des institutions muséales et scientifiques?
Afin d’aborder ces questions, cette table ronde réunit des personnalités issues du monde scientifique, des collections et des maisons de vente aux enchères.
En partenariat avec la Maison Rousseau et Littérature (MRL).