«Paysages Suisses» évoque les panoramas traversés lors de déplacements sur les routes des cantons de Genève et de Vaud. Ce projet, volontairement modeste dans son format, cherche à capter l’essence du paysage montagneux à travers des situations variées : conditions météorologiques changeantes, lumières diurnes et nocturnes, atmosphères en transformation.
Réalisées principalement à l’huile sur de petits formats, ces peintures ne visent pas une représentation réaliste ou exhaustive, mais plutôt une saisie sensible et fragmentaire du paysage. L’artiste privilégie une approche où l’essentiel se révèle, sans nécessité de description fidèle.
Cette exploration du « Paysage Suisse » s’inscrit au cœur de sa démarche picturale. Elle traduit une vision intime du monde, oscillant entre observation et interprétation. Les œuvres témoignent d’instants précis tout en ouvrant sur des dimensions plus abstraites : comment suggérer le chaos à travers une composition sereine ? Comment faire coexister tension et équilibre ?
Ainsi apparaissent des collines voilées de fumée sur des fonds obscurs, des routes métalliques signalant un danger latent, ou encore des paysages nocturnes où les lumières de phares deviennent des projections presque irréelles. Forêts bleutées, halos lumineux, effets de contraste : autant d’éléments qui construisent un langage visuel à la fois maîtrisé et énigmatique.
Vagues, glaciers, orages, sécheresses, brumes — ces motifs participent à une atmosphère incertaine, située dans un entre-deux. Certains tableaux évoquent des lieux familiers sans jamais les nommer, tandis que d’autres introduisent des événements inattendus, troublant l’image d’un paysage idyllique ou supposément paradisiaque.
Plus qu’une peinture réaliste ou photographique, le travail d’Eric Eriston Winarto s’inscrit dans une recherche autour du mystère pictural. Présenté à Espace Kugler Gallery à Genève, cet ensemble de peintures — réalisées en grand nombre sur format A4 — puise son inspiration dans les paysages suisses observés lors de ses déplacements, ainsi que dans l’héritage de peintres tels que William Turner et Ferdinand Hodler.
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Eric Eriston Winarto est un artiste suisse, né à Kuala Lumpur le 1er août 1980. Il vit et travaille à Genève depuis 1995. Formé à la HEAD – Genève (University of Art and Design), il développe une pratique picturale centrée sur le paysage, nourrie par une réflexion à la fois sensible et conceptuelle.
Formé notamment auprès de ses professeurs Claude Sandoz et d’Eric Corne, il a également été accompagné dans son parcours par Roman Opalka, figure majeure de la peinture contemporaine, ami qui l’a guidé dans son travail et a fait figure de mentor dans l’approfondissement de sa démarche artistique.
Son travail s’inscrit dans une recherche autour de la perception du monde, où le paysage devient un espace d’expérimentation plastique et poétique. L’observation du réel y dialogue avec une approche plus intérieure et méditative de l’image.
« Le paysage est mon seul terrain possible pour exprimer l’immensité du monde, de la vie, de notre destin. L’image poétique est aussi le résultat de cette confrontation au paysage. Sans le paysage, j’ai parfois de la peine à faire jaillir une image poétique… Le paysage reste pour moi un terrain mystérieux sans limite. »
— Extrait d’un entretien, Revue Aller-retour de l’Artothèque d’Angers, n°2, février 2016
Son travail a fait l’objet de nombreuses expositions personnelles en Suisse et à l’international, notamment à Bâle (Laleh June Gallery), Genève, Lausanne, Paris, Francfort et Münster. Il a notamment présenté un solo show chez Phillips Auction à Genève.
Il a exposé dans des institutions, galeries et espaces indépendants tels que Analix Forever (Genève), Halle Nord, Charlotte Moser Gallery, Metropolis Gallery (Paris) ou encore Hübner + Hübner (Francfort).
Il a également participé à plusieurs foires d’art internationales, parmi lesquelles Art Paris, Art Brussels, Drawing Now Paris, Art Stage Singapore, Singapore Art Fair ainsi que Kunst Zürich
Son parcours est marqué par des collaborations et soutiens institutionnels, notamment de Pro Helvetia et du Fonds Municipal d’Art Contemporain (FMAC).