Les Nymphes sont des divinités dont le culte est largement attesté dans la Grèce antique. Étroitement liées à ce que nous appelons aujourd’hui la « nature » — en particulier aux eaux, aux arbres et aux grottes —, elles ne sont cependant pas étrangères à la sphère du politique. En effet, elles jouent fréquemment un rôle de figures fondatrices de la cité.
Les Nymphes président à la fois à la définition du territoire, dans la mesure où elles sont associées à des éléments précis du paysage local, et à celle du mariage, conçu comme l’un des fondements de la communauté humaine et de sa continuité au sein de l’espace civique.
Dans les traditions narratives comme dans les pratiques cultuelles grecques, leur rapport à la sphère érotique apparaît profondément ambivalent : d’un côté, elles sont souvent l’objet du désir des dieux ; de l’autre, elles enlèvent fréquemment de jeunes hommes mortels qu’elles entraînent dans leur propre monde. Ces récits peuvent être mis en relation avec un phénomène bien attesté dans l’Antiquité, à savoir la nympholepsie, c’est-à-dire la possession par les Nymphes.
Doralice Fabiano est helléniste, spécialiste de la religion grecque ancienne. Elle a effectué ses études à Sienne, où elle a obtenu en 2008 un doctorat en anthropologie de l’Antiquité, avant de se spécialiser en histoire des religions à l’Université de Sienne.
Jeudi 12 février, 19h
Places limitées, réservation obligatoire